Fermer la recherche

Pierre-Marie LegrainChronique de Pierre-Marie, co-propriétaire de Dumoulin Bicyclettes

J’habite au-dessus d’une piste cyclable. Lorsque j’ai emménagé, j’étais loin de m’imaginer à quel point ce serait inspirant et comment cela me renseignerait sur nos comportements de cyclistes. Histoires, déambulations et observations.

  • Sérieusement, vous n’en avez pas marre que les grandes compagnies d’automobiles nous flouent avec leurs tests d’émissions de gaz truqués ?
    Vous ne pensez pas qu’ils nous abusent avec un «greenwashing» de façade…

    Constatez Mitsubishi, Volkswagen, Renault, etc, trichant sciemment.
    Sérieusement ? On en est encore là ? On pense encore comme cela ? On croit vraiment que conduire une auto peut «ne pas faire tant de mal» ?
    Attendons de voir une enquête sur les fameux «crash tests». Ou plutôt, non, inutile. Ma conviction est faite.

    Je conduis. Parfois. Et je sais pertinemment que c’est un luxe et un acte de confort polluant majeur. Je ne me fais pas d’illusion. Mais je ne me bats pas non plus jusqu’au sang pour expier mon pêché. Je vis avec. Je compense.

    Aujourd’hui, c’est le Jour de la Terre : une autre journée «célébration» pour marquer l’existence d’un de nos pêchés de société. Peut-être que nous avons ici une réminiscence de notre culture chrétienne : la journée des saints a été remplacé par la journée de la cause.

    Sauf qu’en l’occurrence, la Terre ne nous offrira pas de rédemption. Il semblerait que nous nous dirigions vers un point de non-retour, parce que pas assez n’est fait. Les gestes politiques posés n’ont pas de sens collectifs. Trop peu. Trop rares. Ils ne semblent pas aller vers l’action mais plutôt vers l’illusionnisme. Par exemple, les pistes cyclables… Nous en sommes richement dotés. «Nous» ? Qui ? Le Plateau, Rosemont, le centre-ville, Villeray. Ok. Saint Laurent? Saint Michel ? Tetrautville ? Montréal Nord ? Liaisons entre tous les quartiers ? Les viaducs ? La ligne de chemin de fer ? Les autoroutes urbaines ? Kirkland ? Parc-Extension ? Autour de l’Acadie, de Décarie ? Des populations entières sont laissées dépourvues d’infrastructures. On ne s’étonnera pas de ne pas voir trop de vélos dans ces «No bike’s land». Et je ne parle même pas ici de la sensation étrange que chacun éprouverait à être piéton dans certains coins de Montréal…

    Alors quoi ?

    Je discutais hier soir avec un coéquipier qui me disait qu’il fallait pousser le système jusqu’à sa limite, l’encourager à se goinfrer, à se rendre malade, pour qu’il explose. Un peu comme la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf.

    Je lui rétorquais que je pensais avoir des prises sur mes actes, et conséquemment sur la société. Pas par pensée magique en me disant que si je n’utilise pas de sacs plastiques le monde sera meilleur, mais bien parce que c’est le tout premier acte qui commence quelque chose. C’est certain que de me rendre chaque matin au travail en vélo ne change pas le monde. Les Trump de cet univers sont forts. Et ce ne sont pas les pires… les illusionnistes nous faisant croire qu’ils souhaitent agir ne sont-ils pas plus coupables ? Cependant, c’est le premier pas. Et si je ne le fais pas, à quoi sers-je ? Quel serait l’état de ma conscience ? Ce serait un aveuglément mortifère. Je refuse de me laisser aller. De me soumettre à une sorte de fatalité déshumanisante.

    Je pédale. J’essaie de convaincre un maximum de monde de marcher, de pédaler, de trottiner, de patiner. C’est écologique, économique, excellent pour la santé physique et psychique. C’est une routine magique et poétique, un acte de libération et d’émancipation, une manière de conserver un esprit critique et ouvert. Une résistance. Une action, une manifestation de mon pouvoir de citoyen.

    Tous les jours, nous tentons de vous convaincre que le vélo est la meilleure solution pour vos déplacements. Toute l’équipe vous vend des vélos plaisants, en répondant à vos attentes au mieux de nos connaissances et de nos capacités.

    Des vélos pliables, solutions admirables pour les transports multi-modes. Des vélos de ville, que tous ceux qui allient efficacité et confort adorent. Des vélos cargo, afin que toutes les familles puissent continuer à maximiser le nombre de déplacements écologiques ou que des entreprises développent un nouveau type de compagnies plus en rapport avec nos défis collectifs. Des vélos de route, d’aventure et de voyage, qui étalent devant les yeux des poètes (les humains) des horizons inégalables. Des vélos électriques, pour que tous ceux qui ont des distances plus longues à couvrir puissent le faire avec fiabilité et confiance, sans avoir une implication physique au-dessus de leur force.

    Nous mettons notre passion au service de valeurs, de convictions et de vos défis. Grâce à vous, les motifs d’espoirs persistent et signent. Merci et à bientôt sur la route ou en magasin !

    Articles similaires

    Mon penchant pour les vélos électriques

    Le mot du jour : cambouis

    Le mot du jour : Verkehrsteilnehmern