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Bien des cyclistes connaissent le déplaisir de mains engourdies ou de poignets endoloris. Il n’est pas rare de recevoir les plaintes de celles et ceux qui redoutent les douleurs à vélo. Ces malaises poussent même certains à laisser de côté leur deux-roues. Quelles sont les causes de cette incommodité ? Quelles solutions entrevoir pour s’en prémunir ?

Reconnaissons tout d’abord que les mains sont des organes extrêmement complexes. Nous n’avons pas la prétention de vous donner à lire une analyse scientifique.

Cependant, en identifiant certains symptômes et en concentrant votre attention sur des détails, il vous sera possible de commencer à modifier les inconnues de l’équation. Cet article a l’ambition de vous aider dans ce processus, en focalisant sur les mains et les poignets. De plus, il vous proposera des pistes pour agir sur le confort à vélo.

In fine, nous sommes convaincus d’une chose : un vélo confortable est un vélo qui se roule. D’où la pertinence de se pencher sur cette question du confort à vélo.

Anatomie et symptômes

On pense tellement aux jambes et si peu aux mains lorsque l’on roule en vélo. Pourtant, vos mains agrippent, dirigent ou freinent. Elles tiennent un rôle majeur dans l’art de rouler à vélo ! Pas étonnant que lorsqu’un engourdissement ou une douleur lancinante se fait ressentir, on est découragé de pratiquer le cyclisme. Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui peut provoquer ces malaises dans les mains ou les avant-bras?

L’engourdissement des doigts est la conséquence de pressions sur les nerfs. Par exemple, lorsque je ressens une rigidité au niveau de l’auriculaire ou de l’annulaire, c’est parce que j’applique trop de pression sur l’extérieur de ma main. C’est dans ces doigts que se termine le nerf cubital ou ulnaire. Comme certains le savent, l’os interne de l’avant-bras se dénomme le cubitus. Le nerf cubital part de la région de l’épaule et se termine dans le petit-doigt et l’annulaire.

Cet excès de pression peut être du, entre autres choses, aux poignées du guidon, trop étroites ou trop larges, ou au guidon, trop éloigné. La forme des poignées est en cause : une excroissance placée au mauvais endroit, des aspérités trop prononcés. Cela peut aussi être parce que je m’agrippe trop fort : est-ce que j’ai les mains qui glissent ? est-ce que je n’arrive pas à bien tenir mon guidon ? suis-je trop tendu par la circulation ?

Anatomie et symptômes

Le deuxième problème souvent rencontré est le «syndrome du tunnel carpien».

Au centre du poignet se trouve un espace appelé le «tunnel carpien». Il permet le passage du nerf médian du poignet de la main, ainsi que tendons et nerf cubital. Le syndrome du tunnel carpien provoque engourdissements et picotements, faiblesse et diminution de la sensibilité du pouce, de l’index et du majeur. Ces doigts sont reliés au nerf médian. Lorsque l’on casse trop son poignet pour tenir son guidon, on diminue l’espace disponible dans le tunnel carpien. Les tendons enflent, la pression sur le nerf médian augmente, ça fait mal.

Composantes en jeu

Chercher à modifier un inconfort au niveau des mains et des avant-bras, c’est vouloir agir sur une série de composantes sur son vélo. Le guidon, les poignées, la guidoline pour n’en citer que trois.

De nombreuses poignées «ergonomiques» existent. En général, elles ont une excroissance vers l’extérieur. Il s’agit de proposer une meilleure «assise» pour la paume des mains, mais aussi d’orienter «naturellement» le poignet vers la bonne position. Grâce à une bague de serrage, vous pouvez décider de l’angle à donner, et ainsi l’ajuster à votre confort. Souvenez-vous que cette excroissance est conçue pour vous empêcher de «casser» votre poignet, pour offrir un soutien à la main et laisser ainsi le plus de volume disponible à l’intérieur de votre canal carpien!

En choisissant la bonne taille de poignées, on bénéficie de plus de personnalisation. Encore une fois, il s’agit de réduire les tensions et les pressions sur les nerfs : si ma poignée est trop grosse, je vais avoir du mal à la saisir et j’aurais tendance à me crisper.

Le matériau est également à prendre en compte. Du cuir ou du liège sont «soyeux» au toucher. Le «naturel» de ces poignées transmet des sensations agréables pour beaucoup. D’autres poignées en plastique vont présenter des aspérités renforçant l’adhérence des mains au guidon, certaines pratiques de vélo vont réclamer ce caractère pour favoriser le contrôle. Gels et sections plus «meubles» peuvent enfin agrémenter les poignées de certaines marques.

On recommandera de faire son choix en fonction de sa pratique et de ses priorités.

Les prolongations de guidon, -ou «prolongateurs», «cornes»-, ont plusieurs fonctions. La première est d’offrir une position différente de vos mains sur le guidon. Intéressant lorsque vous faites des randonnées de plusieurs heures pour «changer le mal de place» ! Les prolongateurs de guidon proposent aussi une prise différente afin de forcer plus, se mettre debout sur les pédales (en «danseuse») avec plus d’assurance. Pratique pour les nombreux démarrages lorsque l’on roule en ville par exemple.

Le guidon joue son rôle dans votre confort. Pour réduire les pressions sur vos mains, vous aurez peut-être à envisager d’opter pour un guidon avec un recul ou une élévation, ou les deux. Le recul, c’est une courbure d’un certain angle dans le guidon, qui ramène les poignées vers vous. L’objectif est encore une fois de proposer un soutien pour votre corps afin de vous maintenir dans une posture ergonomique. Rester ouvert à d’autres formes de guidon est un bon moyen de poursuivre le cyclisme !

Le confort à vélo, d’autres facteurs dans le confort des mains et avant-bras

La géométrie bien sûr! Et par là, on ne veut pas dire que plus c’est penché, moins c’est confortable. Il s’agit de comprendre son envie et son besoin : si je veux performer dans un gran fondo, je vais avoir besoin d’un vélo avec une géométrie aérodynamique. Si je veux me déplacer quotidiennement, je peux choisir de privilégier une position plus relevée. Ce qui est à retenir, c’est que la géométrie de votre vélo va produire un comportement. À vous de choisir le vélo qui convient à votre objectif.

Les pneus, hé oui ! La souplesse de la carcasse, la largeur d’un pneu et la pression d’air que vous y maintenez influencera votre ressenti. Généralement, si vous souhaitez obtenir un effet d’amortissement des chocs, vous privilégierez des pneus plus larges. Inutile de penser à un Fatbike. Un pneu de vélo hybride 700×35 peut suffire. Seulement ce n’est pas nécessairement suffisant : investir dans un pneu plus souple, ou avec une carcasse de meilleure qualité est une excellente idée pour ressentir un meilleur confort sur la route.

Le cadre, ou plutôt, le matériau du cadre et de la fourche. Là encore, certains matériaux sont réputés pardonner plus les aspérités de la route. Une fourche en carbone, solide et légère, sera plus confortable qu’une fourche en aluminium. Pour autant, la forme, la géométrie de la fourche en tant en telle aura une influence très importante, aussi importante que le matériau.

Si l’on évoque enfin les gants de vélo, gardons en tête qu’ils n’ont pas pour fonction de diminuer l’engourdissement ou les douleurs au poignets. Des gants sont utiles pour prévenir les ampoules, pour se protéger en cas de chute (en vélo de montagne), ou pour diminuer l’impact des chocs perçus.

Nous nous sommes concentrés sur les avant-bras et le haut du corps pour cet article, il va de soi que le confort à vélo implique encore deux autres parties du corps : la selle, les pédales. Ces trois points de contacts forment une triade pour vous assurer que votre corps se sent bien et que vous faites les efforts qu’il faut pour avancer, sans serrer les dents parce que vous avez trop mal.

Pour conclure, rappelons que le cyclisme, de déplacement ou d’agrément, de sport ou de voyage, génère une activité physique. Celle-ci induit une forme d’inconfort pour la plupart d’entre-nous : la mise en mouvement du corps, la mise en tension de ses muscles et de ses tendons, tout cela réveille et secoue la machine. Pourtant, les bras sont «peu» sollicités : ils sont plutôt dans une position de soutien. Cette utilisation plus passive des bras diminue notre tolérance à l’effort. Il faut alors s’en convaincre, le cycliste doit activer son dos, ses épaules, ses coudes et ses avant-bras, afin de faire participer tout ce beau monde à la tâche. De la même manière qu’il nous faut adopter de bonnes postures lorsque nous sommes assis, il faut s’impliquer en vélo.

Références

Le syndrome du tunnel carpien

Le cyclisme et les risques de blessures aux mains

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